| 2- Les milieux
aquatiques d'eau douce (Robert de Saint-Seine) Après avoir vu dans le 1er article, les
éléments qui interviennent dans l'équilibre
du milieu aquatique, je vous propose de
voir dans le détail ce qu'est le cycle de
l'eau et les dangers, qui ne manquent pas.
Comme chacun le sait, le cycle de l'eau
commence par la phase d'évaporation. Elle
provient de l'action du soleil sur les mers
et les océans, mais aussi sur les lacs et
les rivières sans oublier l'effet d'évaporation
sur les plantes et la terre elle-même. Compte tenu de l'importance des mers
et des océans, il n'est pas suprenant qu'ils
soient à l'origine de 90% de la vapeur d'eau
produite sur la Terre. L'air ainsi chargée
d'humidité donne naissance aux nuages. Le
phénomène de condensation est plus ou moins
important et contribue à l'apparition de
nuages plus ou moins importants qui dans
certaines conditions restitueront l'eau
sous forme de pluie, de neige ou de grêle.
Cette eau ainsi restituée suit plusieurs
parcours. Une partie rejoindra les nappes
phréatiques, alors qu'une autre reviendra
en mer aprés un long parcours à travers
les ruisseaux, les rivières et les lacs.
A ce niveau, l'Homme pèse lourdment sur
ce cycle de l'eau en utilisant cette ressource
dont nous savons maintenant qu'elle n'est
pas inépuisable. Le plus inquiètant est
sans doute l'état de restitution de cette
eau utilisée à des fins agricoles ou industrielles,
mais aussi pour notre propre consommation.
Des rejets de mauvaises qualités ne peuvent
que perturber certains équilibres et diminuer
ainsi les quantités et qualités du phénomène
d'évaporation.
Mais de ce cheminement de l'eau, reprenons
en ici l'essentiel en regardant de plus
prés les milieux collecteurs qui redonneront
certains équilibres tout à fait naturellement
ou qui subiront l'agression de rejets de
mauvaise qualité.
Les eaux stagnantes
Dans cette catégorie, on trouvera aussi
bien les mares, les étangs et les lacs.
Ces eaux sont d'une grande variété en fonction
de l'altitude et de l'environnement immédiat.
Les mares sont de tailles réduites. Bien
souvent suceptibles de n'être alimentées
que par les eaux de ruissellement, la faune
et la flore seront des éléments déterminant
pour un bon équilibre. D'une manière générale,
on n'y trouve essentiellement que des espèces
eurythermes qui donc supportent des eaux
relativement chaudes du fait du manque de
renouvellement, et donc peu riches en oxygène.

Les étangs de par leurs tailles et leurs
profondeurs variables, offrent d'avantage
de richesses. La faune et la flore peuevnt
s'y développer dans un parfait équilibre
dans lequel les alimentations en eaux joueront
un rôle non négligeable.
On y trouve aussi bien des espèces benthiques
(qui se nourissent sur le fond) que des
epèces de surface ainsi que des carnassiers.
Du côté de la flore, la répartition des
espèces se fait avant tout selon la profondeur.
Au bord on trouvera des plantes hélophytes
qui n'ont que la racine dans l'eau. C'est
dans cette zone trés peu profonde qu'on
rencontre les roselières trés souvent peuplées
de roseaux (phragmites), de carex alors
qu'un peu plus loin, dans 40cm d'eau, sont
présentes les scirpes et les massettes.
Au milieu de l'étang, on trouve alors des
plantes dites aquatiques telles que l'elodée
et les myriophylles.

Les lacs ont comme caractéristiques d'avoir
trés souvent des surfaces bien supérieures
à celles des étangs, des profondeurs plus
importantes et une masse liquide dont l'aspect
thermique est plus instable du fait des
vents.
|
On rencontre deux types de Lac, les lacs
naturels et les lacs artificiels.
Un lac naturel a des eaux pures, oxygénées
et faiblement minéralisée. Il est dit oligotrophe.
Les eaux de ces lacs abritent quelques espèces
végétales et animales, avec notamment du
plancton. Ces eaux sont appéciées des salomonidés.
Les lacs dont la faune est variée et
abondante et dont l'activité bactérienne
est importante est dit mésotrophe. Ce terme
indique que ses fonds sont pauvres.
Les lacs eutrophes sont des lacs dans
lesquels l'oxygène se raréfie et dont les
mécaniques de minéralisation s'amoindrissent.
Bien souvent ils se comblent par accumulation
de sédiments et voient leurs profondeurs
et leurs superficies diminuer.

Les eaux courantes
De la source d'un ruisseau à la mer ou
l'océan, l'eau court. Les paysages changent
et les cours d'eau changent d'aspects. Tantôt
rapides, tantôt calmes, dans un lit étroit
ou dans une large ouverture, les pêcheurs
trouvent ici et là leur bonheur.
Les torrents naissent de la fonte des
glaciers ou de bassins naturels qui récupèrent
les eaux de ruissellement (pluie, fonte
des neiges). Les espèces sténothermes apprécient
leurs eaux froides (Truite Fario, Chabot),
mais aussi l'oxygénation de l'eau favorisée
par les turpitudes de l'eau. Sur les roches,
la vie végétale se développe sous forme
de mousses et de lichens, tandis que les
fonds abriquent de petits invertébrés tels
que les gammares.

Les rivières reçoivent tout au long de
leurs parcours, les eaux des torrents, des
rus et des ruisseaux. La largeur et la profondeur
d'une rivière sont relativement modestes.
Plus son lit s'élargira, plus son cours
sera paisible et ses courants faibles. Tout
au long de son cheminement, les milieux
traversés jouent leurs rôles avec de nombreuses
influences sur sa richesse en poissons.
Ainsi, en amont (Cours supérieur), lorsque
le courant est encore rapide, l'eau est
bien oxygénée, les fonds brassés sont recouverts
de cailloux, de graviers et de sable et
la végétation reste encore modeste. Ce secteur
est qualifié de zone à Ombres et la population
piscicole accueille Saumons, Vandoises,
chevesnes et Nases.
Plus bas dans la vallée, le courant devient
modéré et la végétation plus importante.
Dans cette portion dite "à Barbeaux",
le pêcheur peut espérer y trouver Ides,
Saumons, Vandoises, Aspes, Gardons et Barochets.

Enfin en approchant de l'estuaire (Cours
inférieur), et alors que la rivière est
devenue fleuve, le courant est lent. L'eau
est moins bien oxygénée et la végétation
bien plus importante, tant sur les bords
que dans l'eau. Dans cette zone dite "à
Brème", vous trouverez sans mal, Anguilles,
esturgeons, Tanches, Brèmes et Brochets.

Les eaux courantes sont un milieu fragile.
Que ce soit par la pollution ou les changements
climatiques, l'équilibre entre la faune
et la flore (Biocénose) est souvent menacée
par l'activité humaine.
|