|
La pêche au large sur épave ou sur roche (Claude
Achille)
- IV -
Comme toujours je vais passer pour un
vieux grincheux, mais la question reste
! Êtes- vous capable de commander une expédition
maritime au large ?
Au large, loin des côtes, là où vous
ne voyez plus le littoral, vous êtes seul
responsable de tous les événements qui pourraient
arriver. La phrase « être le seul
maître à bord » prend tout son sens. Outre
les règles de sécurité humaine, la bonne
tenue du livre de bord est une obligation
législative. J’avoue que j’éprouve encore
beaucoup de plaisir dans l’art de naviguer
dans le respect de la tradition. Le cahier
de bord doit être la mémoire du bord, chaque
mouvement de route et événement doivent
y apparaître, ainsi que l’entretient de
la machine.
Il y a quelques années à bord des navires
il y avait un spécialiste de la radiocommunication,
il notait tous les appels émis et reçus.
Maintenant, sur les navires de gros tonnages
c’est un sous-officier qui gère la communication.
Pour ma part je ne fais pas une confiance
aveugle dans le téléphone portable. Ma licence
de radio restreint me donne le droit de
communique sur les ondes avec le matériel
VHF et BLU qui restent le seul moyen efficace
à 100%.
La pêche en mer sur les épaves est une
technique très spectaculaire, elle donne
l’occasion aux pêcheurs de prendre régulièrement
de beaux spécimens de poissons. Les épaves
proches du littoral subissent malheureusement
une pêche intensive et il ne reste que par
des fonds de 40 mètres et plus que les carcasses
de navires sont encore généreuses. Il faut
alors partir au large à 15 ou 20 mille des
côtes, ce qui demande un navire et une condition
météorologique digne de la pêche sur mouillage.
La dernière épave que j’ai eu le bonheur
de tester était dans le milieu de la Manche,
elle reposait à 80
|

mètres de fond dans une
fosse naturelle. Imaginer un mouillage de
450 mètres dans l’eau qu’il faudra remonter.
Il y a quelques années il y avait le
Decca Navigator, qui recevait un flux ininterrompu
de signaux depuis des stations côtières.
Ces signaux s’affichaient sous forme de
chiffres sur des cadrans verts, rouges et
violets, qui fournissaient des relèvements
croisés donnant la positiondu bateau par
rapport à des « voies » sur une carte Decca
spécialement conçue.
L’appareillage appeler GPS est à l’ordre
du jour pour améliorer la navigation et
bien sur, il facilite la recherche des épaves
repérées sur carte, quand vous savez régler
sa table traçante. Le sondeur est lui aussi
indispensable ( inutile de prendre un sondeur
couleur un simple noir et blanc fait largement
l’affaire vous n’est pas en mesure d’utiliser
toutes les donnés que fourni l’écran couleur)
|
| 
|
pour tout vous dire, il est tellement plus
facile de partir sur un bateau charter spécialisé
dans cette technique, pourquoi vous en privez
? Je vous déconseille la sortie avec des,
soit disant, amateurs éclairés N’oublions
pas qu’un Radar est lui aussi un outil d’aide
à la navigation indispensable quand on pratique
une campagne au large. Cet instrument devrait
être obligatoire sur tous les navires armés
pour naviguer de nuit et loin des côtes.
|
|
Les espèces dominantes dans les épaves
Quoique de nombreuses espèces aiment
vivre dans les épaves, le sport est quand
même dominer par la capture du congre, la
lingue, les lieux jaunes et noirs et la
dorade, qui tous entre dans des catégories
distinctes.
Le congre et la lingue ceux prennent
avec un matériel lourd et de gros appâts
lestés, sur le fond. Les moulinets et cannes
doivent être soigneusement assortis pour
leur puissance, leur fiabilité, qui leur
permettent de résister aux énormes
tensions exercées par le congre et la lingue,
qui sont de féroces lutteurs. La monture
pour ces poissons brutaux et coriaces est
un bas de ligne métallique lesté de très
bonne qualité d’environ 30 à 50 cm de long,
terminé d’un hameçon de 10/0 de préférence
du type renversé à œillet forgé. Un solide
émerillon de 5/0 relie ce bas de ligne au
corps de ligne du moulinet. Les lignes tressées
ne conviennent pour la pêche en eau profonde,
car leur flottement exige l’emploi de lestes
très lourds. Un baudrier est indispensable
pour le pêcheur des gros poissons de ce
type.
Le congre comme la lingue sont très éclectiques
en matière de nourritures, ils acceptent
à peu près tous les appâts de poisson, même
si la majorité d’entre eux se prennent avec
du maquereau ou du calmar ? Il n’est qu’à
demi vrai que le congre n’accepte que des
appâts frais, car de nombreux spécimens
de 40 livres et plus aient été pris avec
de la vieille boite (appâts en terme marin)
de poissons blancs, comme le tacaud qui
fait très bien l’affaire quand il n'y a
pas mieux.
La touche d’un congre de taille monstrueuse
peut être légère, en dépit de la force du
poisson. Il garde souvent l’appât pendant
un certain temps avant de l’avaler véritablement,
et seule l’expérience vous dira quand ferrer.
Ne soyez jamais pressé, car de nombreux
congres accrochés par la lèvre se
libèrent. Lorsque la pointe de la canne
marque sa présence, il faut reprendre calmement
le mou de la ligne jusqu’à ce que le contact
soit établi avec le poisson.
Lorsque l’hameçon a été enfoncé, vous
devez OVHer le congre en eau dégagée au-dessus
de l’épave. A ce point, ne rendez jamais
de fil : il faut donc prendre le risque
d’une rupture de fil. Le reste ne dépend
que de votre patience ; il vous faudra savoir
épuiser le congre, il m’est arrivé de rendre
60 m de fil à un congre que j’avais OVHé
pourtant le long de la coque du navire.
Le lieu jaune et le lieu noir succombent
à un matériel moyen et à des appâts artificiels
et naturels entre l’épave et la surface,
bien que 5 à 10 au-dessus de l’épave soit
le secteur le plus propice. La lutte, avec
les lieux et le colin, est extrêmement passionnante.
Les poissons de ces deux espèces sont de
formidables lutteurs et le dévidage de la
ligne provoqué par le plongeon d’un lieu
ne pesant pourtant que 15 livres est une
expérience des plus palpitante.
La monture habituelle est un hameçon
de 4/0 monté sur un bas de ligne de 2 à
3 brasses ( 3.5 à 5.2 m ) passé dans un
clipot de 20 cm, en métal ou en plastique.
Le clipot empêche efficacement le bas de
ligne de se prendre dans le corps de ligne
principale au cours de la descente vers
le fond. On le ramène ensuite avec régularité
jusqu’à ce que l’appât ou l’anguille artificielle
soit pris. A ce moment-là le poisson effectuera
son plongeon ; il faut alors donner du fil
ou la rupture sera inévitable.
Le lieu noir est un meilleur lutteur
parce qu’il est moins affecté par les changements
de pression. Il vous fera haut moins une
demi-douzaine de départ avant d’atteindre
la surface. Le lieu jaune, lui, arrivera
à la surface, complètement mort si vous
le remontez trop vite. De novembre à mars,
les femelles sont lourdes d’œufs à vous
de juger.
Les dorades roses ou grises sont prises
à l’aide d’un matériel plus sensible où
l’appât est lancé directement dans l’épave.
Les dorades grises d’été ont normalement
tendance à rester autour des épaves jusque
bien avant dans le mois de décembre. La
dorade grise ou rose est une grosse mangeuse
et les beaux spécimens peuvent s’attaquer
à votre ligne à congre. Pour tirer pleinement
profit de la pêche à la dorade, une monture
des plus utile sera faite d’une canne à
lancer à deux mains, le bas de ligne peut
être une monture paternoster à deux hameçons
avec potences de 15 cm en monofilOVHt de
35/100 et des hameçons Aberdeen de 1/0.
Pour ce qui est de l’appât, le plus courant
reste l’encornet ; il se découpe très facilement
en bandelettes et tien très bien sur l’hameçon.
Les bandelettes de maquereau et les vers
sont parmi les autres appâts très utilisés.
Il faut ferrer très rapidement à chaque
touche, car la dorade a le don étrange de
nettoyer les hameçons et peu rejeter rapidement
ce qu’elle considère comme suspect.

Grandes marées = appétit démesuré Pour
diverses raisons, les meilleures prises
ont lieu au cours des grandes marées, lorsque
les courants rapides provoquent chez les
poissons un appétit démesuré. Quand ils
sont de cette humeur, ils s’attaquent férocement
aux appâts naturels et à différentes sortes
de leurres, sans aucune hésitation. Les
grandes marées assurent une dérive rapide
au-dessus de l’épave, ce qui rend possible
jusqu’à une vingtaine de passages productifs
au cours d’une seule marée.
La pêche à la dérive marche mieux si
les pêcheurs embarqués sont d’un nombre
raisonnable par rapport à la surface du
navire. De plus ils doivent laisser aller
leur ligne bien avant l’épave pour ne pas
effrayer les poissons par une descente de
leste trop importante. La pêche en dérive
d’un seul bord évite le problème des lignes
entre-mêlées.
La pêche d’hiver se fait la plupart du
temps avec de grosses montures de nylon
en paternoster équipées d’anguilles artificielles
sur de courtes potences. Pour une monture
de deux hameçons le fil ne doit pas faire
moins de 70/100, et, si trois leurres sont
utilisés, ce qui est le montage du commerce
le plus vendu, le diamètre passe à 90/100.
Même un tel fil peut être rompu comme un
fil de coton quand deux poissons essaient
de s’enfuir dans deux directions opposées
après avoir mordu les leurres simultanément.
La réussite de la pêche sur les épaves dépend
de l’habileté du maître de bord. Il doit
régler chaque dérive pour pouvoir tirer
parti de la position de l’épave et savoir
exactement où se trouvent les parties hautes.
Les yeux collés sur le sondeur, il vous
donnera un flot continu d’instructions tels
que : « Remontez de 15 m ! » Ou :
« Nous sommes au-dessus, redescendez de
15 m ! » Vous devrez appliquer immédiatement
ses consignes si vous ne voulez pas laisser
par le fond une grande partie de votre matériel.
Cette pêche est très éprouvante pour l’homme
et pour le matériel, pour faire face à la
pêche sur épave en hiver, le matériel doit
être solide et rustique. Beaucoup de pêcheurs
s’en sont rendu compte à leurs dépens
|