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Pêche et navigation
(2ème partie)
( Claude Achille )
- IV -
J’ai passé ma jeunesse entre l’étude de la canne de mer que l’on m’avait donnée
et la ligne à main que mes ancêtres avaient toujours utilisée. Un équipement qui ne
demande qu’une ligne en cordage fin, un bas de ligne en crin puis le plomb. Tout
l’art de cette pêche réside dans le doigté de l’utilisateur. Qu’elle soit fixe au mouillage
ou sur un quai, mobile sur un bateau, la ligne à mains est une façon de pêcher toujours
employée dans bien des pays. Il faut quand même avouer que si vous ne vous protégez
pas les doigts, il va y avoir des coupures profondes à soignées.
Une astuce bien traditionnelle réside dans une paire de doigtiers en caoutchouc,
une chambre à air de vélo fait merveille. Attention de choisir le bon diamètre, trop
large les doigtiers glissent, trop serrés ils vous coupent la circulation sanguine.
Quand vous irez chez le marchand de cycles demander une chambre à air d’occasion à
votre taille, en principe le mécanicien rira beaucoup et après, quand vous serez
loin, il essayera lui-même ce truc de vieux marins.

- V -
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Parlons un peu des palangres :
Pour mon Larousse de 1925 : Palangre ou palancre. Corde noyée et soutenue par
des flottes, le long de laquelle sont attaché des lignes munies d’hameçons.
Cela correspond à merveille aux lignes
ou aux palangres que nous utilisons encore de nos jours malgré les avancées techniques
de leur accastillage. La législation vous autorise à 2 lignes ou palangres de 30 hameçons
chacune par bateau ( même si vous êtes cinq à bord ) avec bien-sur votre immatriculation
inscrite sur les bouées. Petit détaille qui a sont importance, un bateau non immatriculer
n’a aucun droit de pêche même une annexe ne peut pas être considérée comme embarcation de pêche.
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La pose de lignes est quand même une manœuvre délicate puisque les hameçons,
qui la composent, sont par principe dangereux. La mise à l’eau d’une palangre est une opération
qui demande une attention particulièrement soignée, le site de pose ne doit en aucun
cas gêner la navigation, les cordages qui tiennent la ligne doivent être coulant et
les bouées immatriculées doivent être visibles.
Il y a plusieurs écoles de ligne, seul votre intérêt pour ce style de pêche peut,
à mon avis, vous rapprocher plus d’une que de l’autre. Je vais vous parler de celle
qui est la plus traditionnelle, afin que vous puissiez appréhender les autres en
toute sérénité.
Les premières lignes modernes furent utilisées par mes ancêtres Terres-neuvas,
à bord de leurs Doris, ils pêchaient le cabillaud à la belle saison et de retour
de campagne certains continuaient les lignes sur nos côtes pour la pêche aux congres
et roussettes toujours sur des doris.
Cette palangre était simplement montée avec les nœuds de tous les jours pour les
marins.
Elle était posée avec deux ancres
et touchait le fond, tout l’art de la ligne réside dans la manière de la louvée ou de
la rangée si vous préférez. Bien louvée dans un panier elle pouvait sortir sans
aucune brouille, c’est là que beaucoup d’accident arrive, j’ai envie de vous dire « ne touchez
pas aux lignes, si une personne d’expérience ne vous forme pas à cette technique ! »
Vous trouverez différant montage de palangres
et bon nombre de façon de les posées, pensez toujours au moteur de la marée, qui change
de sens toutes les 6 heures en moyenne. Les fonds marins sont choisis suivant la
pêche que l’on souhaite ( fonds de sable pour les poissons plats et rocheux pour
les poissons ronds ) Il faut bien imaginer que les lignes sont munies de trente hameçons
donc trente fois plus d’occasion de crocher le fond, alors attention.
La technique de ligne dérivante est une
des pêches des plus prenantes, avoir douze hameçons qu’il faut maintenir bien tendu,
mais pas trop, demande du doigté et un bon coup d’œil. Cette façon de faire vient directement
de la ligne de pêche aux requins, sauf que pour le squale il n’y a qu’un hameçon. Douze
fois plus de prises mais aussi douze fois plus de problèmes si tout va mal, imaginez
douze maquereaux qui partent dans tous les sens !
La législation est très précise :
- Palangre
= deux fois trente hameçons par bateau
- Ligne
= une fois douze hameçons par bateau
- Casiers pour le crustacé = deux par bateau
- Filet ne Mer du nord, Manche et Atlantique un trémail de 50 m x 2 m interdiction de pose
en estuaire, embouchure de fleuve et de rivière.
Une petite anecdote : Je venais de passé une nuit à la pêche à la canne, le jour
commençait à montrer le bout de son nez, quand le bruit d’un moteur à explosion me
tira les oreilles. Un pneumatique fonça sur une bouée de casier posée là à deux
cent mètres de mon poste de pêche. Il était 5 h 00 du matin et cela me paru presque
normal. 5 h 15 un autre canot leva le même casier, puis à 6 h 00 un autre navire
leva le dit casier. 7 bateaux en tout relevèrent le piège en question ! Je n’ai jamais vu pareille situation
de colère, quand le vrai propriétaire, qui était un ancien du pays, releva sont casier,
50 mètres plus sud qu’il l’avait posé la veille. Bien-sur il me demanda si j’avais
reconnu les pillards.

Moralité : Si tu veux garder ton casier ou ton filet, laisse le chez le marchand
et vient pêcher à pied les coquillages et les crustacés !
La pêche avec des casiers peut-être acceptable
si vous respectez les tailles de pêche et les femelles portant leurs œufs. Si sur
vos pièges il y a des œufs qui ressemble à une grappe de raisins, il s’agit d’œufs
de seiches, laisser les éclorent sur le casier, ils ne gênent en rien les qualités
pêcheuses de celui ci, bien au contraire. Il y a aussi les œufs de calamars ou d’encornets,
qui eux ressemblent à des grappes d’œufs de crapauds. Un casier devient vite pour
les plantes et animaux marins une épave digne d’un monde engloutie.

Par souci de solidarité je lui ai donné la description des barcasses
et je n’ai plus jamais entendu parlé de rien.
L’utilisation du trémail est un acte
barbare, ce filet capture tous les poissons mais surtout les alevins. Il fait parti
des engins comptabilisés comme les plus destructeurs mettant en péril l’avenir de
la pêche. Dans les années 80, j’étais le seul professionnel à demander, lors d’un colloque de professionnels
et d’amateurs, de donner le droit d’utiliser du filet maillant au plaisancier. Le filet
maillant à un avantage reconnu : La maille de pêche est de taille à laisser passé les
petits poissons et si le filet est bien réglé dans sont montage de flou ( nombre
de mailles au mètre linéaire ) est très performant et ne prend que les animaux de
belle taille. A ce jour le trémail fait encore recette dans tous les magasins. Peut-être,
quand les pêcheurs du siècle dernier seront en maison de retraite, la génération moderne
pratiquera une pêche plus respectueuse de la vie maritime. Faîtes votre possible pour garder
cet héritage aquatique comme le fond les amateurs des arts, montrez vos chefs d’œuvres
et gardez les plus fragiles bien cachés au fond d’une pièce secrète. Si vous regardez
bien, un aquarium n’est qu’une prison avec des barreaux de verre, une marre dans les
cailloux vous apportera plus de merveilles, si vous vous y pencher un peu.
Personnellement, j’aimerai que les
enfants de mes enfants prennent un grand plaisir, les pieds sur le pont d’un bateau,
en allant pêcher avec leurs parents. J’ai le regret de vous montrer tant de pessimisme
mais je suis conscient de la sur-pêche dans le secteur du littoral, là où les alevins
viennent manger le plancton, là où les poissons viennent se reproduirent. Il y a en moyenne
200 bateaux de plaisance ( pêche promenade ) par petit port, qui ne sont pas là pour
rentrer bredouille ( rentabiliser l’investissement du canot est à l’ordre du jour ) et cela
partout en France. Les conseils que je vous donne ici sont exclusivement réservés
aux pêcheurs sportifs respectueux de l’équilibre de leur environnement. Toutes autres utilisations
porteront malheur à celui qui l’exploitera.
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