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Plantes maritimes : La nature ne nous
attendait pas
( Claude Achille )
Nous sommes en pleine période de migration
humaine saisonnière. La nature, qui prend toujours grand soin de l’avenir, ne nous
a pas vue arriver avec vos grands pieds d’homo sapiens. Je vous parle de cet état
où, comme une future maman, la nature attend un heureux événement. Période de grande
agitation, les beaux jours sont parmi les plus fragiles de l’année. Pour ne pas trop
nuire à l’écosystème naturel du bord de mer il nous faut parler des plantes qui
sont naturellement généreuses. Les plantes comestibles ou médicinales maritimes sont,
comme leurs sœurs terrestres, importantes et doivent êtres respectés. Je ne vais pas
vous faire une taise sur la flore maritime, mais simplement vous parlez de quelques
plantes, de nos côtes, très mal connues et surtout très peu respectées.
Commençons par la bande côtière. La terre
du littoral a toujours été exploitée, surtout en Bretagne car le centre du pays possédait
une terre très pauvre avant la venu des engrais chimiques. Pour les animaux domestiques
et sauvages, ce terroir saumâtre reste un territoire de luxe, penser aux moutons de
pré salé. Les pôles d’air ne sont pas que des pâtures et le littoral n’est pas non
plus qu’une terre légumière, dans certain pays comme l’Angleterre, des professionnels
ramassent et exploitent une plante condiment appelée salicorne qui vie les pieds dans
l’eau de mer. Chez nous la cueillette du goémon est la seule exploitation des plantes
maritimes par des professionnels.
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Nous allons donc parler un peu de la
cuisine de cette flore maritime qui comme les autres plantes ont des vertus nutritives
et médicinales. Mais aussi d’autres végétaux purs et dures, appelées souvent avec mépris
des algues, n’oublier pas que les algues sont apparues, il y a environ 3.7 milliards
d’années. Outre l’engrais qu’elles deviennent une fois dans la terre, il faut noter que
certaines des algues sont des légumes dignes de la gastronomie française, avec des qualités
nutritives et gustatives impressionnantes. Pour mieux aborder le sérieux problème de
la cuisine du pêcheur à pied, il me paraît important de commencer cette explication
par quelques plantes terrestres, puis nous diriger tranquillement vers le bas de l’eau.
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Si vous n’avez jamais cherché à goûter certaines fleurs, je vous invite aux Testes
suivants :
Goûter les fleurs de saison : La primevère,
la violette, la pensée, le mimosa, le pissenlit, le colza, la rose, la capucine, le pois
de senteur, le souci, la bourrache … Déjà avec ce coté terrestre vous pourrez aborder
des nouvelles salades, et en plus, les rajouter dans vos préparations ne nuira pas à la
cuisson de vos poissons bien au contraire.

Qui d’entre vous n’a pas goûté une pastille à la violette ou sucer une fleur de
chèvrefeuille ?
Mais qui parmi vous fait de la soupe de fleurs de pissenlits aux
orties avec de l’ail sauvage ?
Connaissez-vous le goût de concombre que développe en bouche la bourrache ?
Et connaissez-vous la chaleur poivrée de la capucine ?
Connaître un minimum de végétaux voilà qui est à la porté de tous, si en plus ils
sont comestibles, je suis sûr que cela vous semblera plus facile.
Coté maritime vous pourrez identifier
dans vos balades
- L’Armérie
maritime poussant un peu partout sur le littoral elle remonte
jusqu’au plus loin des estuaires. Elle suit l’eau de mer comme un poussin sa mère. Elle n’est pas
comestible mais elle porte le nom d’œillet marin vous devinerez
pourquoi ! - Le
liseron maritime est le digne cousin
du terrestre mais avec plus de couleur, il n’est arriver de l’emporter chez moi
sous mes bottes, monsieur est un voyageur et perd ses couleurs une fois qu’il a perdu la mer.
- La carotte à gomme, qui ressemble à
la carotte sauvage mais en toute petite, est un bon indicateur écologique, comme
les ajoncs et les bruyères, en coussin elles montrent une zone où il est impossible d’envisager
d’implanter des arbres à longues racines.
- Le chardon bleu a tellement été
cueilli dans mon secteur, pour faire des bouquets, qu’il est véritablement en perdition. Le
piétinement des promeneurs est en train de finir le travail. Dommage pour les dunes
qui subissent la grande mode touristique de la randonné aventure, il y a même en prévision des marathons.
- Dans la série protégée, vous pourrez admirer le chou maritime
, superbe végétal qui est passé au bord de la disparition.
Il y à 30 ans ma grand-mère ramassait les jeunes pousses de chou et nous les mangions
chaudes avec une noix de beurre. Dix ans après, je ramassais leurs graines pour les
ressemer sur les sites où ils avaient disparues. Maintenant il est sauvé mais je n’en mange
toujours pas, peut-être dans quelques années. Mais le problème est le même que pour le
chardon bleu, leurs protecteurs administratifs vendent plus de la randonner touristique
que de la prévention. C’est une question de poudre aux yeux pour accrocher des subventions.
Il reste, comme toujours, les autochtones pour payer les ravages provoqués par certains carriéristes dépourvues
de bon sens.

Les consommables
- La blette maritime
, là si vous êtes un peu botaniste, vous reconnaîtrez un ancêtre
de tous les cultivars de betteraves potagères. Au printemps je ramasse les jeunes pousses
et cuisinées comme des épinards ou comme des bettes, c’est un légume qui mérite un
18/20 par sa fraîcheur et son caractère maritime.
- L’obione
est en réalité un petit arbrisseau des prés salés, les anciens de ma famille le
cueillaient au printemps, quand ses feuilles sont tendres, pour en faire des tourtes. Je ne sais pas
si c’est un mauvais souvenir d’enfance, mais je ne cuisine plus cette plante.
- La salicorne
pousse abondamment dans les secteurs vaseux, conservée dans le vinaigre
elle est très aimée des Britanniques, j’avoue en manger si j’en ai sur la table, elle
remplace les cornichons, mais je ne fais pas l’effort d’en mettre en bocaux. Toujours
la cueillir jeune si non elles sont fibreuses.
- Le
fenouil
pousse lui aussi sur le littoral il reste de petite taille le climat du bord
de mer est un peu rude. Pas besoin de vous dire comment la cuisine avec le fenouil
prend une tonalité de fraîcheur, de plus cette plante aide à la digestion.
- La Criste marine
ou perce pierre
: Voilà qui peut faire de vous le seigneur du retour de pêche. Premièrement, son
parfum dégage un arôme remarquable qui va si bien avec le poisson que c’est un pêcher que
de l’oublier, elle rentre dans toutes les salades, cuite avec le riz elle fait merveille,
bref un plaisir. Deuxièmement, en tisane elle vous aide à vous débarrasser de la
cellulite et là avec un peu de doigté votre compagne acceptera cette nouvelle plante
comme vous pouvez le deviner ( soyer diplomate ) je me fais toujours un petit vinaigre
de criste pour l’hiver, la conservation dans le gros sel est une autre solution à méditer.
Quelques algues
Ce végétal n’est pas vraiment nouveau dans nos assiettes, les anciens utilisaient
une petite algue rouge pour épaissir les flans ( far breton ) et au quinzième siècle,
en Coré, les algues sauvèrent de la famine une grande partie de la population. Pendant
la première guerre mondiale un scientifique avait étudié les algues comme complément
alimentaire pour des chevaux trop vieux qui ne pouvaient plus tirer les canons de
notre armée. Les résultats de ses observations furent étonnants, les vieux chevaux au bout
d’un certain temps reprenaient leurs travails et semblaient en pleine forme.
Beaucoup de scientifiques approfondissent
les recherches dans des secteurs comme l’alimentaire, les cosmétiques, l’industriel etc. Vous
pouvez trouver dans notre vie de tous les jours, la trace des algues dans la composition
du verre, des pellicules photo, des crèmes dessers, de votre dentifrice, et tellement
d’autres applications comme les compléments alimentaires des animaux d’élevage etc.
Pour la partie qui nous concerne, il s’agit de bien comprendre que les algues
sont des plantes. Elles ont un cycle biologique comme les végétaux terrestres. Je consomme
en moyenne de 10 à 15 kg d’algues par années. Elles sont rentrées dans ma cuisine, non
pas pour leurs qualités re-minéralisatrices mais bien parce qu’elles sont délicieuses,
je les prépare à la Française mais les Asiatiques ont aussi de très bonnes recettes.
Comme toutes les plantes ne ramasser jamais un végétal dans un secteur à risque
de pollution !
Si vous avez des problèmes avec votre glande thyroïde évité les algues, elles
sont riches en iode.
Pour les pessimistes, garder dans le congélateur une tranche de laminaire
digitata, le jour de la guerre nucléaire, faites-vous une décoction de cette algue pour la boire
en attendant la distribution des pastilles
d’iode.
Comme toujours il y a des plantes légumes
et d’autres condiments, les algues sont
à découvrire avec le même souci culinaire.
Personnellement je ne conserve pas de plantes
pour l’hiver, ma culture légumière est consommée
au fil des saisons et mes cueillettes de
plantes, de champignons ou d’algues restent
pour une cuisine au jour le jour. Après
ce mensonge je peux vous avouer que je garde
dans le gros sel ( 1 kg sel de Guérande
pour 2 kg de plantes ) quelques algues,
seulement pour mes cours-bouillons et pas
plus de 6 mois au réfrigérateur.
Quelques algues de ma cuisine
- L’enteromorphe
algue verte qui pousse très haut sur l’estran, vous marchez tout de suite dessus en arrivant
à la plage. Elle est à ramasser loin de ces lieux dans des secteurs isolés. Elle
parfum le riz et lui donne une couleur originale, son goût est bien marqué. - La
Porphira algue rouge ressemble à
une feuille de plastique marron mais elle est formidable ( les Asiatiques l’appel
NORI ) elle est très riche de tous points de vues. - L’Ulve
ou laitue de mer : Symbole de
pollution elle est pourtant très bonne si vous la ramassez dans un secteur salubre. Son goût
étant bien marqué, je m’en sers comme l’enteromorphe dans la cuisson ( cour bouillon ou aromate
) - La Laurancia ou
algue poivrée,
elle a un goût de coquillage ( huître ) très marqué, une petite sauce à la crème
préparée avec elle vous donnera en bouche une grande émotion. - La
Palmata palmaria est une algue que
j’utilise aussi comme condiment, son goût n’est pas trop fort et ses qualités sont
respectables. Elle rentre avec porphyra, enteromorphe et ulve dans la composition
de mon sel aux algues. - L’Himanthale
ou spaghetti de mer. Là nous allons
toucher le point important de mon alimentation légumes de la mer. Cette algue brune est
un véritable délice quand elle est consommée fraîche ( j’ai essayé séchée et en pot :
non-merci ! ) Pour être sûr de ne pas ce tromper, elle à un pied qui démarre en forme
de champignon. Elles ne ce coupe de pendant quelques mois, de mars en juin. Avant elle
est trop petite, après elle est trop dure. Elle pousse dans des secteurs battus par
la mer. - Les Laminaires
sont là : Il y a une algue brune en forme de lame que j’utilise plus
que l’autre, mais en réalité il ni a que deux laminaires qui valent la cueillette.
La laminaire bulbeuse et la laminaire ceinture de Vénus. - Laminaire
Bulbeux ( Saccorhiza bulbosa ) elle
est facile à reconnaître puisque son pied forme un énorme bulbe creux hérissé de verrues.
Vous ne le trouverez qu’en grande marée. Comme avec toutes les laminaires je teste
sa qualité de tendresse en enfoncent un ongle dans sa fronde ( partie haute ) la
partie que l’on mange est la pousse de l’année qui se situe en fin de tige sur une longueur
de 30 centimètres ! - Laminaire
ceinture de Vénus ( laminaria saccharina
) avec sa fronde unique tout ondulée, elle aussi est facile à reconnaître au bas de
l’eau en grande marée dans des secteurs abrités. Sa qualité première en cuisine
est le faite qu’elle prend le goût de l’aliment qu’elle entoure, pour les papillotes de
poisson elle fait merveille.
La cuisine avec des algues reste une affaire à découvrir. Il existedes cours
donnés par des professionnels de la gastronomie, maisles personnes que j’ai rencontrées ayant
suivie ses cours ne mont pas donné l’envie d’en faire la publicité. Le conseil que
jepeux vous adresser est simple : Aller découvrir les algues fraîchesavec des professionnels
pour les identifier avec certitude. Je n’aijamais trouvé de bon livre sur la cuisine aux algues
digne d’êtrecité comme référence, ils ont trop souvent fait pour vendre desproduits
commerciaux, je n’ai rien contre mais tout le monde a ledroit de manger sa cueillette.
Glaner est un droit que je soutiens farouchement.
Pour l’été 2004 j’ai l’intention de travailler
sur la création d’un outil pédagogique dans le but de vulgariser l’utilisation
les algues dans alimentation, nous en reparlerons bientôt sans aucun doute.
Conseil d’ami
Ramasser les algues fraîchement détachées,
surtout les laminaires, qui se trouvent dans la laisse de haute mer (cordon que
laisse la mer quand elle se retire ) Laver les algues à l’eau douce et faîtes les sécher
à l’ombre. Une fois sèches, elle garde leurs propriétés pour les bains de jouvence.
-> Prendre trois poignées d’algues sèches pour deux litres d’eau, faîtes bouillir
30 minutes et ajoutez à votre eau de bain en filtrant. Laissez votre corps tremper
pendant 20 minutes tous les 2 jours pendant une semaine, voilà vous êtes re-minéralisé
pour 6 mois ( que du bonheur )
Ramasser la laisse de haute mer quand
elle est bien sèche, poser-le tout sur un sol très dur et marcher dessus pour réduire
en poudre grossière votre collecte. Dans le jardin potager cette poudre donnera un
coup de fouet aux légumes, éviter les fraises ce petit fruit rouge n’aime pas trop la
force maritime des algues.
Si vous cuisinez traditionnel et que vous faîtes encore des ragoûts sur la braise,
le stipe sec ( le pied en forme de tige des algues ) des laminaires, il
était utilisé comme combustible par les gens de mer, la tourbe aussi. L’odeur âcre
que dégagent les laminaires vient parfumer votre plat et redonne un cachet authentique
au ragoût poissonneux de nos grands-mères.
Garder en mémoire que les algues sont comme les champignons et les autres végétaux
elles sont fragiles, elles doivent être coupées au-dessus du stipe en laissant un
peu de plante pour la reproduction. Ne consommer que des plantes fraîches et propres, l’hygiène
alimentaire n’est pas une fable. La cueillette des algues demande comme la pêche à pied
d’être sérieux et de garder en mémoire les règles de sécurité élémentaires.
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