| Technique
N'oublions pas les farines
(Stéphane Mourier) Pendant de très nombreuses décennies,
les farines ont été les seuls moyens dont
disposaient les pêcheurs de toutes spécialités
pour attirer le poissons sur leurs coups
et ainsi les conduire vers leurs montages.
Depuis l’avènement de la bouillette, les
farines ont été presque complètement délaissées
au profit des précédentes. Les carpistes
ne doivent pas perdre de vue que les mixs
avec lesquels ils confectionnent les bouillettes,
ne sont rien d’autres que de farines de
pêche au coup qu’ils agglomèrent avec des
œufs et font bouillir pour qu’elles
retiennent les divers additifs nécessaires
à leur bonne attraction, afin de les rendre
plus dures et finalement de les lancer plus
loin. En résumé, les bouillettes sont belle
et bien des amorces (au sens de la pêche
au coup) qui ont évoluée et qui répondent
aux exigences particulières de notre pratique.
Les farines qui sont utilisées par les
pêcheurs au coup ont de nombreuses qualités
tant du point de vue mécanique, que nutritif.
Elles peuvent apporter des solutions à un
certain nombre de problèmes que nous rencontrons
quotidiennement au bord de l’eau en conditions
de pêche. Et chaque fois que cela est possible,
je les utilise car elles m’apportent de
grandes satisfactions. De plus beaucoup
d’entre elles ont des odeurs et des goûts
forts agréables que le poisson perçoit rapidement.

Les avantages mécaniques des farines
En fonction du type de pêche pour lequel
elles ont été conçues, les amorces de pêche
au coup ont des qualités mécaniques complètement
différentes. Elles seront collantes, dispersantes,
résisteront bien au courant ou encore éclateront
en surface en faisant un nuage dans l’eau.
Celles que j’utilise le plus couramment,
sont celles destinées à la pêche de la carpe
bien sur, caractérisées par une granulométrie
importante et relativement collantes. Ainsi
que les amorces destinées à la pêche à l’anglaise
qui sont de moutures plus fines mais très
collantes aussi puisqu’elles sont destinées
à être propulsées à la fronde relativement
loin en emportant des graines ou des asticots
(pinkies, gozzer et autres).
L’avantage des ces farines, c’est leur
pouvoir collant qui vous permettra d’incorporer
dans vos boules d’amorce de petites graines
telles que le maïs, le blé et le chènevis
qui de part leur taille ne peuvent être
propulsées au-delà de 25 m maximum à la
fronde, mais aussi des bouillettes entières
ou en morceaux, ce qui leur permet de libérer
plus facilement leurs divers composés stimulants
pour les carpes. Une amorce de qualité est
capable de coller son propre volume en graine.
Les boules ainsi confectionnées varieront
en taille en fonction de votre fronde ou
de votre catapulte, d’une mandarine à un
pamplemousse.
Vous pouvez augmenter le pouvoir collant
de ces amorces en rajoutant d’autres farines
telle que le PV1 bien connu de pêcheurs
au coup ou encore certaine terre comme l’argile
qui a l’avantage de permettre d’agglomérer
une grande quantité de graine tout en étant
lourde donc de pouvoir se lancer loin sans
éclater et qui résiste très bien au courant.
Ceci en fait une très bonne amorce pour
pêcher en rivière lorsque vous n’avez pas
de bateau pour déposer vos graines sur votre
poste.
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Une des qualités des amorces et non la
moindre, c’est d’être elles mêmes constituées
de farines diverses qui chacune ont leurs
propres qualités. De nombreux livres sur
la pêche au coup vous fourniront les détails
des qualités physiques et nutritives de
toutes les farines existantes sur le marché.
La variété des farines composant une amorce
permet à celle-ci de « travailler » constamment
sur le fond.
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Contrairement aux bouillettes
recouvertes de la pellicule formée par la
cuisson des œufs, qui sont relativement
inertes (hormis la diffusion des parfums
et stimulants). Les amorces sont actives
jusqu’à leur dissolution finale, elles libèrent
constamment leurs composants car elles sont
pour la plupart composées de produits collants,
de dispersants et d’additifs de couleurs
diverses.
Les farines dispersantes favorisent
l’éclatement des boules d’amorce à plus
ou moins long terme. Cette activité de l’amorce
favorise le regroupement des petits blancs
qui s’intéressent aux particules les plus
fines de votre amorce, ce qui aboutit à
une activité alimentaire qui va croissante
sur votre coup. Ce remue ménage de petits
poissons fouillant dans vos boules d’amorce
provoque la curiosité de sujets de plus
en plus gros, pour finalement OVHer les
carpes sur votre poste, stimulées par l’activité
des autres poissons et par les particules
libérées au grès des courants. Les éléments
les plus grossiers de votre amorce restent
alors sur le secteur ( graines et bouillettes)
et sont les plus à même d’attirer les carpes.
Afin de ne pas être dérangé par des tirées
régulières dues aux gros gardons, chevesnes
et autres brèmes, je vous conseil d’équiper
vos montages d’esches de tailles conséquentes
comme de bouillettes de 22 mm ou encore
des fèves ou de noix tigrées moins touchées
par la blanchaille.
Jouez la diversité
A partir d’une amorce du commerce, vous
pouvez comme avec les bouillettes, la personnaliser
à souhait car tous les ingrédients entrant
dans la composition des bouillettes peuvent
être ajoutés dans la mesure où votre amorce
conserve ses qualités de départ de collage
principalement.
Voici quelques farines qu’il m’arrive
de sur-ajouter dans les amorces que j’utilise
:
- L’arachide grasse qui est une farine
riche avec une bonne odeur. - La cacahuète
moulue très riche et grasse.
Ces 2 farines ont un bon pouvoir collant
et évidemment ont un attrait particulier
pour les carpes qui affectionnent particulièrement
l’arachide. J’esche alors mes hameçons d’une
cacahuète afin de tirer pleinement parti
de ces farines. Je les utilise dans des
proportions qui peuvent aller de 10 à 15
% de l’amorce finale.
- Le chènevis gras moulu qui à un bon
pouvoir collant, riche en huile. - Le
chènevis grillé qui est semi-dispersant
et possède une forte odeur.
Il est rare de trouver une amorce qui
ne contienne pas déjà une de ces deux farines
tant leurs qualités sont importantes et
tant l’intérêt que leur porte les carpes
est flagrant. Vous n’avez quasiment pas
besoin d’autre chose pour parfumer votre
amorce tellement le chènevis est capable
de la marquer par son odeur. De plus, les
deux farines sont utilisables ensemble var
elles ont des qualités mécaniques différentes,
l’une est collante tandis que l’autre est
dispersante. Utilisable jusqu’à 15 %du mélange
final.
Associez ces deux farines dans une amorce
à carpe de base en incorporant des graines
de chènevis entier ainsi que du blé et je
vous assure que vous tenez là une amorce
qui fera réagir les carpes sans les gaver
et les fera rester longtemps sur votre poste
à la recherche de ces petites graines dont
elles sont folles.
- La faine de fève. - La farine de
lupin.
Ces deux farines sont à classer dans
la même catégorie que celles d’arachide
car nous connaissons tous l’intérêt des
carpes pour ces deux graines. Lorsque que
je les ajoute à mon amorce (10 % pour la
première et 25 % pour la deuxième) j’ai
toujours au moins une de mes cannes dont
le montage est esché d’une de ces graines.
Par contre, si ces deux farines ont un pouvoir
collant fort, j’use modérément de la farine
de fève qui est plutôt gavante ce qui tempère
son intérêt. Alors qu’au contraire la farine
de lupin est riche en protéines et très
digeste.
- Le romarin (stimulateur d’appétit et
favorise la digestion). - Le quinquina
(stimulateur d’appétit et de la sécrétion
gastrique). - La badiane (favorise la
digestion, la libération des gaz intestinaux,
forte odeur d’anis). - Le fenouil (stimulateur
d’appétit). - La coriandre (stimulateur
d’appétit et odeur puissante) . - La
citrouille (digeste, adoucit l’amorce, laxative). -
La muscade (excitant et facilite la digestion).
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J’utilise plus ces farines comme des
additifs que comme des farines à part entière
d’une part parce qu’il faut reconnaître
que leur prix est plus élevé que pour les
précédentes et d’autre part parce que leurs
effets se font sentir à faibles doses. Certaines comme le romarin, la coriandre,
le quinquina et la badiane marqueront aussi
bien votre amorce que n’importe quel parfum
spécifique à nos chères bouillettes. Il
m’arrive d’ailleurs de parfumer mes bouillettes
avec ces farines qui ont en plus l’avantage
de ne pas voir disparaître leurs odeurs
au cours de la cuisson.
D’autres comme la citrouille, la badiane
et le romarin sont des laxatifs qui permettent
aux poissons de ne pas se gaver de l’amorce
qu’ils ingèrent et donc d’être actifs plus
souvent. Mais il faut user de ces éléments
avec parcimonie et modération car l’effet
laxatif n’est intéressant que s’il est limité
car cela devient facilement irritant pour
le poisson qui n’est alors plus actif du
tout. Ces composés ne seront pas à ajouter
à plus de 10 % grand maximum dans
votre amorce de base.
Le quinquina, la coriandre, le romarin
et le fenouil ont aussi une qualité très
recherchée dans la confection des bouillettes
et des amorces en générale quel que soit
le type de poisson pêché, c’est l’effet
stimulateur d’appétit. Si vous comparez
le prix au kilogramme de ces farines avec
le prix au kilogramme des stimulateurs d’appétit
vendus pour confectionner vos bouillettes,
je vous garantis que la différence vaut
le coup d’œil pour des résultats similaires
avec en plus un parfum efficace et naturel
incorporé.
Il m’arrive d’utiliser en rivière, le
bon vieux tourteau de chènevis lorsque j’en
trouve encore. Il n’est pas utilisé par
les carpistes et je trouve que c’est dommage
car c’est un moyen particulièrement efficace
et peu onéreux de faire un amorçage lourd
au chènevis en rivière. Du fait de la forme
des morceaux que l’on peut faire avec (plats
et triangulaires) ils sont bien adaptés
pour résister au courant. Etant donné qu’ils
sont fortement pressés, leur dissolution
durera plusieurs jour et les particules
de chènevis ainsi libérées ne descendent
pas plusieurs dizaines de mètres en aval
mais restent cantonnées autour du tourteau
alors que les effluvents (gouttelettes
d’huile) se dispersent vers l’aval à la
rencontre des carpes.

Serrage adapté pour actions variées
Grâce aux amorces, il est possible d’adapter
la diffusion des composants aux conditions
de pêche. Comme pour les bouillettes, il
est particulièrement d’avoir sur votre poste
une action immédiate et une action retardée.
La première pour le cas où les poissons
seraient actifs sur le poste au moment même
où vous lancez vos montages à l’eau. Dans
ce cas il faut que vos boules d’amorce ne
soient pas trop serrées afin qu’elles libèrent
rapidement leurs éléments stimulants.
La seconde pour le cas d’un amorçage
à plus long terme où il est nécessaire que
l’amorce se délite progressivement et que
les carpes en trouvent encore lorsqu’elles
arrivent sur votre spot.
Il est possible, comme pour les bouillettes
de faire sécher vos boules quelques temps
afin de les rendre plus dures. Mais ceci
nécessite l’emploi de farine très collante
comme le PV1 ou encore la mélasse sinon
elles risquent d’éclater trop facilement.
De plus, si vous souhaiter adapter votre
amorce à vos goûts personnels, il est évidemment
possible d’incorporer dans votre mélange
certains additifs utilisés pour faire les
bouillettes avec lesquelles vous allez pêcher
sur votre amorce. Les stimulateurs d’appétit,
parfums divers, enhancer et sense appeal
se mélange fort bien aux farines et permettent
d’améliorer la qualité de votre amorçage.
De même, les colorants peuvent aussi être
utilisés mais je vous conseils plutôt les
différents TRACIX ou bien les colorants
utilisés pour la pâtisserie et disponibles
en gros à des tarifs raisonnables car les
quantités à incorporées dans votre amorce
peuvent être importantes et revenir chère
si vous utilisez ceux destinés à la confection
des bouillettes.
Les mixs comme amorce
Comme nous l’avons vu au début de cet
article, nous pouvons donc considérer les
mixs avec lesquels nous confectionnons nos
bouillettes comme étant des amorces. Il
est alors facile de les utiliser au même
titre que celles-ci pour amorcer les carpes.
Il s’agit là, grâce aux plomb ou aux ressorts
amorçoir, de propulser avec nos montages
une quantité importante d’éléments stimulants
à proximité des hameçons. Il suffit de ne
pas cuire votre mix pour obtenir une pâte
crue qui aura l’avantage de libérer progressivement
le parfum, les stimulateurs d’appétit et
les autres éléments qui composent les bouillettes
situées sur votre cheveu.
Cette technique va créer une zone attractive
très puissante autour de vos montages, de
manière beaucoup plus précise que ne peut
le faire le plus précis des utilisateurs
de tube lance bouillettes.
Si vous avez pris la peine d’incorporer
dans votre mix des produits à diffusion
verticale et d’autres à diffusion horizontale,
les carpes qui passeront aux alentours de
la zone ainsi amorcée ne pourront pas rester
insensibles à vos attractants. D’autant
plus que les petits poissons blancs iront
irrémédiablement fouiller dans cette boule
de mix si facile à consommer ce qui va provoquer
une compétition alimentaire entre eux et
donc une sur-activité près de vos montages.
Ceci attirera la curiosité des carpes déjà
stimulées par l’effet « olfactif » obtenu
par la dissolution votre mix cru. Il devient
ici indispensable de pêcher avec des bouillettes
de taille et de dureté propre à décourager
les attaques quelles ne manqueront pas de
subir de la part du fretin et éventuellement
d’utiliser un booster pour que les carpes
trouvent rapidement la bouillette piégée.
Cette méthode possède aussi un autre
avantage au niveau du mode d’action des
éléments actifs du mix utilisé. La cuisson
des bouillettes permet de durcire celles-ci
pour les propulser loin et les faire résister
à la blanchaille. Mais elle a aussi pour
conséquence de bloquer la diffusion des
messages chimiques qu’elles sont sensées
libérer et même d’en dégrader une bonne
partie. Donc l’utilisation de mix cru permet
une solubilisation rapide sur le poste,
vos appâts seront donc actifs instantanément
même si la bouillette elle-même est destinée
à avoir une action à long terme. Puis quand
le mix cru a été entièrement dissout (action
à court terme), votre bouillette commence
à agir en tant que telle en libérant les
mêmes agents chimiques (action à long terme).

Les limites d’utilisation des amorces
Cette méthode a des atouts indéniables,
mais comme toute autre technique, elle a
ses propres limites. En particulier lorsque
la densité en poissons chats et très élevée
car les matous ne respectent rien et sont
surtout champions pour détecter une boule
d’amorce dans un plan d’eau pour ensuite
rameuter tous leurs petits copains et ne
plus lâcher le poste. Là, la seule solution
si vous désirez utiliser des amorces et
continuer à avoir des montages pêchant,
est d’incorporer dans celles-ci des graines
qui seront uniquement trempées (le temps
nécessaire pour ne pas être nocives pour
les carpes). Cela vous permettra de toujours
avoir des particules autour de vos montages
tout en bénéficiant de l’effet stimulant
dû à l’activité alimentaire créée par l’amorce
et de la libération des agents stimulants
des farines.
Autrement, l’argile est un moyen efficace
d’expédier vos graines sur votre poste soit
à la fronde soit avec le ressort amorçoir.
De plus, il n’attire pas les chats par son
odeur et seules les carpes ou les très grosses
brèmes ont la puissance nécessaire pour
fouiller dans les boules ainsi obtenues
et en extraire les graines ou les bouillettes
que vous aurez pu y introduire.
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