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La
truite le jour J
(
R. de Saint-Seine
)
Lorsque vient le jour de l'ouverture de la pêche, les
rivières sont souvent hautes avec des eaux teintées et de forts courants. Les truites
ont un bel appétit et savent apprécier les proies d'une taille supérieure à la moyenne
de celles dont elles se nourissent habituellement. Ainsi vous pouvez très bien utiliser un
gros vers dés lors qu'il sera animé d'une façon naturelle. La première de vos préoccupations
doit être de dénicher les bons coins. Les truites encore enfourdies par les eaux encore
fraiches seront là.
Les truites encore enfourdies par les eaux encore fraiches
seront là même si elles sont peu mordantes en début de saison. Prenez donc le temps
de faire un repérage minutieux des endroits à la fois fréquentés par la truite et même
peu fréquentés par les autres pêcheurs. La promenade sera toujours agréable et plus
encore quand vous saurez y trouver de bons moments de pêche. Si en montagne vous trouverez
des eaux encore très fraiches, la moyenne montagne vous offrira des ruisseaux avec
des eaux moins froides et donc suceptibles de permettre aux poissons d'être plus actifs.
C'est souvent là l'occasion de tomber sur quelques reproducteurs qui reprennent un
peu d'espace après la ponte.
En plaine par contre, c'est plutôt sur les rivières
que les pêcheurs se retrouvent en nombre. Les eaux y sont là aussi certe fraiches,
mais plus important encore est leur niveaux et le fait qu'elles soient teintées. Ce
sont des caractéristiques du début de saison. Si cela peut parfois perturber les pêcheurs,
ils savent arpenter le terrain pour rejoindre le petit affluent qui se montre souvent
plus productif. En effet, le ruisseau, petit ou grand, est souvent couru par des eaux
claires. Une fois trouvé le bon coin, voici le moment tant attendu de pêcher.
J'ai à ce moment précis quelques habitudes dont je
pense pouvoir vous faire profiter. Comme je l'ai déjà dit, en début de saison, la
truite apprécie les proies de belle taille. Elle a en effet besoin de se refaire une
santé après l'hiver et la reproduction qui sont des périodes difficiles pour elle.
Jeune, j'avais tendance à chercher quelques invertébrés ou des larves. Trouver les premiers
était difficile tant ils se cachaient encore et pour ce qui est des larves, leur taille
ne pouvait satisfaire la gourmandise de la truite que je désirai.

Aussi, en observant ce qui m'entourait, j'en suis
venu à remarquer que je voyais souvent sur les berges quelques vers déjà bien actifs.
Alors pourquoi ne pas essayer avec cette proie remuante et qui devait bien parfois
tomber à l'eau dans ces balades nocturnes. L'expérience fut concluente et confirmée
par la rencontre de quelques uns de mes ainés qui fréquentaient aussi ma petite
rivière.
Le lombric de taille moyenne semblait faire l'unamité.
Aussi je l'utilisais aussi, certain de mes succès jusqu'à ce que, un jour de mars 1968
(facile à retenir...non ?), je me suis trouvé qu'avec un gros lombric. Enorme... fut la
surprise ! Après moins de 5 minutes de prospection une sauvageonne de plus de 60 centimentre
est venue se faire prendre. J'allais avoir 13 ans quelques jours plus tard et j'avais
déjà le plus beau cadeau dont je rêvais.
Pour le lombric, utilisez un hameçon n° 4 ou 6. Piquez le
vers sous le renflement pour sortir la pointe de l'hameçon côté tête. Ainsi fixé, il tient
parfaitement et se montre très remuant.
Dans des eaux courantes et peu profondes, la pêche
au toc est bien adpatée. Sur le nylon, disposez quelques plombs, en prenant soin de ne pas
trop les serrer afin de pouvoir régler votre ligne. Vous devrez en effet en fonction
de la topologie de l'endroit parfois grouper ou parfois étaler votre lest.
Une bonne répartition consiste à placer un petit plomb
à une dizaine de centimètres de l'hameçon, et d'autres plus gros et plus haut (espacés
de 2 à 4 cm). Utilisez un flotteur amovible (facile à changer) pour bien suivre l'évolution
de la ligne et les touches. La prospection (acte de rechercher le poisson sur un poste)
doit être minutieuse et complète. Avec discrétion et sans vous montrer, vous laisserez votre
ligne passez au fil de l'eau sur toute la longueur du poste avant de relever pour
rapprocher ou éloigner le passage suivant. Une lègère retenue relèvera votre ver, tandis
que le relachement le fera revenir à sa profondeur (celle que vous avez réglée).
Dans une rivière, il s'agit là de pêcher un peu en
adoptant la technique de "longue coulée", même si elle est ... moins longue.
Dans un ruisseau de montagne où les eaux sont moins profondes,
pratiquez plutôt la pêche "à rouler". Les plombs sont placés sur un brin cassant
(de diamètre bien inférieur à celui de la ligne). C'est eux qui frotteront le fond
tandis que votre ver dévallera naturellement. Qui plus est, en cas d'accroc, c'est le
brin cassant qui cédera et qui vous laissera la possibilité de ramener votre poisson.
Différencier les truites
Si l'Arc-en-Ciel connait peu de développement à l'état
sauvage, cela vient du fait que les empoissonnements se font soit avec des spécimens stériles,
soit avec des lots quasi exclusivement "femelles". Dans ces conditions il est difficile d'atteindre
une meilleure implantation de cette truite. Il est pourtant de très rares coins de pêche,
près de la frontière italienne, sur lesquels elle est maintenant bien là et cohabite
parfaitement avec la Fario.
Faire la différence entre mâle et femelle ne présente
aucune difficulté. Dés le mois d'octobre, le mâle commence une transformation remarquable
tant au niveau de sa bouche qu'à celui de la livrée qui prendra une couleur pourpre
tout le long de sa ligne latérale. Les femelles gardent des tonalités ternes, et
c'est tout juste si on peut remarquer une légère coloration grise au niveau du ventre
lorsque la période de frai approche.
Un beau poisson qui mérite sans doute plus de considération
et de protection de notre part, surtout dans les rares endroits ou il est à l'état
sauvage.
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