Lorsque vient le jour de l'ouverture de la pêche, les
rivières sont souvent hautes avec des eaux teintées et de forts courants. Les truites
ont un bel appétit et savent apprécier les proies d'une taille supérieure à la moyenne
de celles dont elles se nourissent habituellement. Ainsi vous pouvez très bien utiliser un
gros vers dés lors qu'il sera animé d'une façon naturelle. La première de vos
préoccupations doit être de dénicher les bons coins. Les truites encore enfourdies par
les eaux encore fraiches seront là. Les truites encore enfourdies par les eaux encore fraiches seront là même si
elles sont peu mordantes en début de saison. Prenez donc le temps de faire un repérage
minutieux des endroits à la fois fréquentés par la truite et même peu fréquentés par les
autres pêcheurs. La promenade sera toujours agréable et plus encore quand vous saurez y
trouver de bons moments de pêche. Si en montagne vous trouverez des eaux encore très
fraiches, la moyenne montagne vous offrira des ruisseaux avec des eaux moins froides et
donc suceptibles de permettre aux poissons d'être plus actifs. C'est souvent là l'occasion
de tomber sur quelques reproducteurs qui reprennent un peu d'espace après la ponte.
En plaine par contre, c'est plutôt sur les rivières que les pêcheurs se retrouvent en
nombre. Les eaux y sont là aussi certe fraiches, mais plus important encore est leur niveaux
et le fait qu'elles soient teintées. Ce sont des caractéristiques du début de saison. Si
cela peut parfois perturber les pêcheurs, ils savent arpenter le terrain pour rejoindre le
petit affluent qui se montre souvent plus productif. En effet, le ruisseau, petit ou grand,
est souvent couru par des eaux claires. Une fois trouvé le bon coin, voici le moment tant
attendu de pêcher. J'ai à ce moment précis quelques habitudes dont je pense pouvoir vous
faire profiter. Comme je l'ai déjà dit, en début de saison, la truite apprécie les proies
de belle taille. Elle a en effet besoin de se refaire une santé après l'hiver et la
reproduction qui sont des périodes difficiles pour elle. Jeune, j'avais tendance à chercher
quelques invertébrés ou des larves. Trouver les premiers était difficile tant ils se
cachaient encore et pour ce qui est des larves, leur taille ne pouvait satisfaire la
gourmandise de la truite que je désirai.
Aussi, en observant ce qui m'entourait, j'en suis venu à remarquer que je voyais souvent
sur les berges quelques vers déjà bien actifs. Alors pourquoi ne pas essayer avec cette
proie remuante et qui devait bien parfois tomber à l'eau dans ces balades nocturnes.
L'expérience fut concluente et confirmée par la rencontre de quelques uns de mes ainés qui
fréquentaient aussi ma petite rivière. Le lombric de taille moyenne semblait faire
l'unamité. Aussi je l'utilisais aussi, certain de mes succès jusqu'à ce que, un jour de
mars 1968 (facile à retenir...non ?), je me suis trouvé qu'avec un gros lombric. Enorme...
fut la surprise ! Après moins de 5 minutes de prospection une sauvageonne de plus de 60
centimentre est venue se faire prendre. J'allais avoir 13 ans quelques jours plus tard et
j'avais déjà le plus beau cadeau dont je rêvais. Pour le lombric, utilisez un hameçon
n° 4 ou 6. Piquez le vers sous le renflement pour sortir la pointe de l'hameçon côté tête.
Ainsi fixé, il tient parfaitement et se montre très remuant.
Dans des eaux courantes et peu profondes, la pêche au toc est bien adpatée. Sur le nylon,
disposez quelques plombs, en prenant soin de ne pas trop les serrer afin de
pouvoir régler
votre ligne. Vous devrez en effet en fonction de la topologie de l'endroit parfois grouper
ou parfois étaler votre lest. Une bonne répartition consiste à placer un petit plomb à
une dizaine de centimètres de l'hameçon, et d'autres plus gros et plus haut (espacés de 2 à
4 cm). Utilisez un flotteur amovible (facile à changer) pour bien suivre l'évolution de la
ligne et les touches. La prospection (acte de rechercher le poisson sur un poste) doit être
minutieuse et complète. Avec discrétion et sans vous montrer, vous laisserez votre ligne
passez au fil de l'eau sur toute la longueur du poste avant de relever pour rapprocher ou
éloigner le passage suivant. Une lègère retenue relèvera votre ver, tandis que le
relachement le fera revenir à sa profondeur (celle que vous avez réglée). Dans une
rivière, il s'agit là de pêcher un peu en adoptant la technique de "longue coulée",
même si elle est ... moins longue. Dans un ruisseau de montagne où les eaux sont moins
profondes, pratiquez plutôt la pêche "à rouler". Les plombs sont placés sur un
brin cassant (de diamètre bien inférieur à celui de la ligne). C'est eux qui frotteront le
fond tandis que votre ver dévallera naturellement. Qui plus est, en cas d'accroc, c'est le
brin cassant qui cédera et qui vous laissera la possibilité de ramener votre poisson.
Les différencier...
Si l'Arc-en-Ciel connait peu de développement à
l'état sauvage, cela vient du fait que les empoissonnements se font soit avec des spécimens
stériles, soit avec des lots quasi exclusivement "femelles". Dans ces conditions il est difficile d'atteindre une meilleure
implantation de cette truite. Il est pourtant de très rares coins de pêche, près de la frontière
italienne, sur lesquels elle est maintenant bien là et cohabite parfaitement avec la Fario.
Faire la différence entre mâle et femelle ne
présente aucune difficulté. Dés le mois d'octobre, le mâle commence une transformation remarquable tant au
niveau de sa bouche qu'à celui de la livrée qui prendra une couleur pourpre tout le long de sa ligne latérale. Les femelles
gardent des tonalités ternes, et c'est tout juste si on peut remarquer une légère coloration grise au niveau du ventre
lorsque la période de frai approche.
Un beau poisson qui mérite sans doute plus de considération et de protection
de notre part, surtout dans les rares endroits ou il est à l'état sauvage.